lundi 2 avril 2018

L'amour de la patrie comme protestatio caritatis selon Thomas d'Aquin.








 C’est dans la question de la Somme Théologique consacrée à la piété que Thomas déploie de la manière la plus systématique la question de l’amour pour la patrie. La piété est ici comprise à partir de Cicéron comme une vertu civique. La référence majeure de Thomas d’Aquin, en effet, n’est pas ici Aristote, mais Cicéron. La piété est donc une vertu qui concerne la patrie et les parents, elle implique qu’un culte soit rendu tant à la patrie qu’aux parents, culte n’étant pas pris ici dans un sens religieux :

« Il appartient à la piété de rendre un culte aux parents et à la patrie […] Or dans le culte de la patrie est compris le culte de tous les concitoyens et de tous les amis de la patrie. C’est pourquoi la piété s’étend à eux par priorité » Somme théologique II-II q.101, a.1, T III, p.640. 

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mardi 27 mars 2018

Les lieux communs de Deleuze









Une pensée qui se veut radicalement critique ne devrait rien concéder aux lieux communs soutient Deleuze dans Différences et Répétitions. Elle ne se voudrait même pas philosophie, mais misosophie dans la mesure où la sophia serait enracinée dans le sens commun et du même coup dans les lieux communs. Dans son leur sens technique, les lieux communs rappelle Deleuze dans Différences et répétition, sont « l’épreuve du sens commun lui-même » (p.207). Ils relèvent, depuis Aristote et avec lui, de la dialectique comprise comme art des problèmes et des questions. 

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L'impossible de Jean-Luc Marion.







Lorsqu’on prétend opérer un « dépassement des partages métaphysiques », il peut arriver que l’in ne dépasse rien du tout que le prétendu « dépassement » repose au fond sur une sorte de mixage sans grande rigueur de données empruntées ailleurs et que l’on tente de faire passer comme nouvelles à la faveur justement de ce mixage. C’est ce qui arrive quand Jean-Luc Marion introduit dans Certitudes négatives le prétendu concept d’[Im]possible. Il le forme sur la base de la pensée de Heidegger et de celle de Bergson. Mais, au fond, à quoi en arrive-t-il ? Sinon, sans le dire à une répétition du partage bien traditionnel de la raison et de la foi.


Donc, Jean-Luc Marion dans les Certitudes négatives publiées en 2010 en tente de dépasser la distinction traditionnelle du possible et de l’impossible. 

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lundi 1 janvier 2018

Solus patriae.






On sait que Habermas a développé le concept d’un patriotisme hors sol sous le nom de patriotisme constitutionnel. Ce concept d’un patriotisme hors sol se retrouve aussi chez le sociologue Ulrich Beck et chez des philosophes qui se réclame du républicanisme. Habermas et Beck ont pu prétendre se réclamer de Kant. Mais comme le montre clairement les textes de Kant, ce dernier n’aurait certes pas eu l’idée délirante juridiquement de concevoir un patriotisme hors sol. Dans Du rapport de la théorie à la pratique dans la morale en général, Kant détermine ce qu’est un libre gouvernement qu’il définit comme patriotique (vaterländisch) et non comme paternel (väterlich), et il écrit à ce propos :

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La dure loi immunitaire du logement.








Le Où des êtres humains ne peut pas être déterminé de manière cartographique. Le lieu des êtres humains ne peut simplement être déterminé comme un endroit. Quelque soit l’endroit où ils sont, les êtres humains ne sont pas des êtres qui s’installent dans un espace préalable, mais des êtres qui produisent leur espace comme espace intérieur. Cet espace intérieur qui se présente d’abord comme une sphère sans parois visibles se présente ensuite comme une sphère dont les parois se matérialisent. Mais cet espace intérieur n’est jamais unique, il n’est jamais un pur ici. Du même coup la question où sommes-nous se complexifie dans la mesure où dès lors que l’être humain a brisé la sphère invisible de la horde primitive, il évolue dans plusieurs sphères. Non seulement celle de la maison qui abrite le foyer, mais aussi celle du village, de la ville, du pays. Plus encore, il peut même produire des macrofoyers comme macrosphères, des cités, des royaumes, des nations, des empires qui ont certes leurs matérialisations comme territoires définis, mais qui n’en reste pas moins aussi des sphères psychiques, climatiques et acoustiques. Cependant, dire que les hommes habitent des macrosphères, là où elles existent, ce n’est pas dire qu’ils n’habitent plus des microsphères et celles-ci ne peuvent pas être comprises de manière unilatérale comme de simples parties des macrosphères.

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mercredi 11 octobre 2017

Patrie et nation dans la pensée politique de Rousseau.







La patrie peut apparaître aujourd’hui comme une réalité qui appartient au passé, ce que conteste le républicanisme contemporain qui soutient que seule la patrie peut constituer une réalité politique commune et même une réalité politique tout court face à la désagrégation qu’impliqueraient ce que l’on nomme trop rapidement le « libéralisme » et le communautarisme d’une part et face à la menace qu’impliquerait le nationalisme d’autre part. Entre libéralisme, communautarisme et nationalisme, la patrie serait la seule voie praticable pour que puisse exister une communauté politique qui soit une communauté de citoyens actifs. En ce sens, il conviendrait de distinguer soigneusement patriotisme et nationalisme comme y invite par exemple Maurizio Viroli dans For Love of Country

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